Le costume hérité, retaillé plutôt que remplacé
Hélène Bayrou, 54 ans, tient une étude notariale rue Gachet, à deux pas de la place de Verdun. Elle est arrivée en mars avec le costume trois-pièces de son père, laine froide des années 1970, épaules tombantes et bas de pantalon à refaire entièrement, parce qu'elle voulait le porter pour un mariage à Oloron-Sainte-Marie et pas le transformer en pièce de musée.
Le veston était trop large de six centimètres aux manches. Le gilet fermait encore, la jupe n'existait pas, et nous avons donc repris les coutures d'épaules, raccourci les manches en conservant les boutons d'origine, ajouté une ceinture intérieure sur mesure, puis fuselé le pantalon au genou plutôt qu'au mollet. Trois essayages, six jours ouvrés, 180 euros. Elle a récupéré le tout un vendredi à 17h40, juste avant la fermeture.
Un point a coincé. Elle voulait garder l'étiquette intérieure cousue dans le col, et nous avons refusé de la recoudre sur le vêtement fini, car elle traversait la doublure et aurait gratté la nuque pendant douze heures d'affilée.
Le blouson de moto et la fermeture qui lâche
Karim Lassalle, 38 ans, livreur pour un dépôt de la zone Berlanne, à Morlaàs, est venu en janvier avec un blouson cuir noir acheté en 2016. La fermeture éclair principale s'ouvrait dans le dos, les dents avaient sauté sur quinze centimètres, la doublure thermique se décousait sous l'aisselle. Il roule toute l'année, y compris sous la pluie, et ne voulait pas mettre 400 euros dans un blouson neuf alors que le cuir tenait encore. Nous avons remplacé le curseur et le ruban complet, pas seulement les dents. Comptez 95 euros pour une fermeture de blouson de moto, 40 euros de plus si la doublure doit être reprise. Le cuir a été nourri au passage, sans teinture. Il est reparti avec le même blouson, une fermeture qui tient et une couture d'aisselle refaite en point sellier.
Ce qui n'a pas convenu : il demandait une fermeture invisible sur un cuir épais de 1,8 millimètre. Sur cette épaisseur, l'invisible casse. Nous avons proposé une fermeture apparente, il a accepté, mais nous ne promettons pas qu'un cuir très sec se laisse percer sans marquer.
La chemise de travail et les retouches en série
Le garage associatif de la rue Jean-Jaurès, à Pau, fait retoucher les chemises de ses trois mécaniciens deux fois par an : coton épais, col cassé, manches courtes, achetées en lot chez un fournisseur de Billère. Elles arrivent avec des ourlets irréguliers et des boutonnières qui bâillent. Nous reprenons les ourlets, resserrons les boutonnières, reposons les boutons manquants, à l'unité, entre 9 et 14 euros selon le travail.
Pour ce genre de commande, il faut apporter les pièces propres et repassées. Nous ne lavons pas, nous ne détachons pas, nous ne repassons pas les vêtements de nos clients. Laurent Garcia, qui gère le stock et les fournitures, refuse les dépôts en vrac non étiquetés, parce que chaque pièce doit porter le nom de son propriétaire, sinon elle se perd dans l'atelier.
À qui cela ne convient pas
Nous ne sommes pas un pressing, et nous ne nettoyons pas, nous ne détachons pas, nous ne repassons pas : si votre vêtement est taché de graisse ou de vin, il doit être propre avant d'arriver chez nous.
Nous ne faisons pas de retouches sur mesure à distance. Le premier rendez-vous se prend au 05 48 00 56 43 ou par courriel à [email protected], mais l'essayage se fait ici, au 118 impasse de Verdun, à Pau, et nulle part ailleurs : aucun autre atelier, aucune antenne à Orthez, à Nay ou dans les communes autour de l'agglomération.
Nous ne promettons pas de délai garanti en période de pointe. En décembre et en juin, les délais s'allongent. Nous ne travaillons pas le dimanche, ni le samedi après 13h00, ni les jours fériés. Nous ne faisons pas non plus de crédit, d'avance sur salaire, ni de paiement en plusieurs fois. Le règlement se fait à la remise du vêtement.
Nous ne sommes ni médecin, ni conseiller financier, ni juriste, ni formateur. Si votre problème n'est pas un vêtement à ajuster, à réparer ou à fabriquer, ce n'est pas ici. L'atelier est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00 et le samedi de 9h00 à 13h00, et Manon Vincent, à l'accueil, vous dira en deux minutes si votre pièce entre dans notre champ.