L'atelier de la rue Verdun, depuis 1997

Bigefifotasolutions SARL occupe le 118 impasse de Verdun, à Pau, depuis 1997. On y retouche, on y coud sur mesure, on y répare cuirs et fermetures.

Une machine achetée en 1997, pas un plan d'affaires

Laurent Garcia travaillait comme agent de stock chez un grossiste de pièces automobiles, à deux pas du boulevard des Pyrénées, et il passait ses samedis à réparer des blousons pour les collègues, sans facturer personne. Sa femme, institutrice à l'école du Hameau, lui a dit un soir de février 1997 qu'il ferait mieux de facturer ses heures au lieu de les offrir. Il a loué un local de 38 mètres carrés impasse de Verdun, ancien atelier de réparation de cycles, pour 2 100 francs par mois. La première piqueuse, une Adler à pédale, a coûté 4 500 francs, payés en trois fois à un bourrelier de Gelos qui prenait sa retraite. L'atelier a ouvert avec deux clients réguliers.

Un pressing de la rue Carnot lui sous-traitait les ourlets trop longs pour sa machine. Le club de rugby de la JAB faisait repriser ses maillots déchirés après chaque match. La première année, le chiffre d'affaires n'a pas couvert le loyer plus de six mois sur douze. Laurent Garcia a donc continué à travailler de nuit comme agent de stock jusqu'en 1999.

Nathalie Girard et la table de coupe

Nathalie Girard était première d'atelier chez un confectionneur de Billère qui fermait ses portes, et elle est entrée chez nous en mars 1999 avec sa table de coupe en contreplaqué, qu'elle refusait de laisser derrière elle. C'est elle qui a imposé la règle des deux essayages pour toute pièce sur mesure, une règle qui tient encore aujourd'hui, même pour un simple pantalon de costume, et qui agace parfois les clients pressés.

Elle a formé deux apprenties entre 2001 et 2006. Aucune n'est restée plus de trois ans. Le métier use les mains et les yeux, dit-elle, et il faut aimer recommencer dix fois le même ourlet invisible pour qu'il disparaisse. La table est toujours là, au fond, avec les marques de craie de vingt-six ans de coupes.

Manon Vincent et le comptoir

Manon Vincent est arrivée en 2011 pour remplacer une secrétaire partie à la retraite. Elle avait vingt-trois ans, un BTS de gestion, et aucune notion de couture, ce qui n'a jamais posé problème, puisque son poste est au comptoir et pas devant la machine. C'est elle qui reçoit les pièces, note les mesures sur le carnet, et rappelle les clients quand un délai glisse d'un jour ou deux. En 2014, elle a mis en place des fiches cartonnées numérotées, classées par semaine de dépôt, qui ont remplacé les sacs en plastique empilés sous le comptoir. Laurent Garcia a râlé pendant un mois. Puis il a reconnu que l'atelier perdait moins de vêtements. Manon Vincent tient le standard au 05 48 00 56 43 et répond aux messages reçus à [email protected], généralement dans la journée.

Ce que l'atelier refuse

Nous ne touchons pas aux pièces de maroquinerie de luxe signées, parce qu'une réparation mal documentée peut faire perdre toute valeur à un sac, et parce que nous n'avons ni les pièces d'origine ni les références de teinture. Nous ne faisons pas de copies de vêtements de marque, même si le client apporte le modèle. Nous ne retouchons pas les combinaisons de plongée. Ni les équipements de protection individuelle certifiés, qui relèvent de contrôles réglementaires que nous ne pouvons pas assurer.

Nous refusons aussi les commandes portant sur des textiles ignifugés, des gilets pare-balles, des selles de cheval, ou tout ce qui exige une certification que ni Laurent Garcia ni Nathalie Girard ne possèdent. Nous ne promettons jamais de délai pour une pièce dont nous n'avons pas vu l'état réel. Un cuir craquelé peut demander trois semaines. Un autre, du même âge, se répare en quatre jours.

Ce que l'atelier fait vraiment

Les retouches courantes — ourlets, pinces, fermetures éclair, remplacement de boutons, reprise de coutures — représentent environ les deux tiers du travail. Le reste se partage entre le sur mesure, surtout des chemises et des vestes pour des clients qui ne trouvent pas leur taille en prêt-à-porter, et les réparations de cuir : blousons, sacs, gants de moto, bandes de casques.

Une fermeture éclair de blouson se remplace en général en deux jours ouvrés, pour un tarif qui dépend de la longueur et du type de curseur. Le cuir se travaille à la main, avec des aiguilles spécifiques et un fil de lin ciré, parce que la machine marque trop la peau sur les coutures apparentes. Nous gardons en stock une centaine de fermetures de tailles et de teintes différentes, ce qui évite au client de courir les merceries du centre-ville.

Les quartiers, les clients, les habitudes

La clientèle vient surtout du centre de Pau, du Hameau, de Bizanos et de Billère, avec quelques habitués de Jurançon et de Lons qui passent en voiture, et beaucoup arrivent à pied depuis la place de Verdun ou l'arrêt de bus du boulevard des Pyrénées. Le samedi matin, entre 9h00 et 13h00, l'atelier prend une quinzaine de dépôts en trois heures, ce qui oblige Manon Vincent à noter les noms sur un cahier avant même de mesurer quoi que ce soit.

Les périodes creuses tombent en août et entre Noël et le 5 janvier. Les périodes chargées correspondent aux mariages de juin et septembre, aux communions de mai, et aux retours de vide-greniers du dimanche matin, quand des gens apportent un manteau acheté trois euros et demandent s'il est récupérable. Parfois oui. Souvent non, et Nathalie Girard le dit sans détour.

Une SARL, trois personnes, pas de réseau

La structure est une SARL : des comptes déposés chaque année, une comptabilité tenue par un cabinet de la rue Samonzet, et des décisions prises à trois autour de la table de coupe plutôt qu'en conseil d'administration. Laurent Garcia s'occupe du stock et des fournisseurs, Nathalie Girard de la production, Manon Vincent de l'accueil et des plannings. Personne d'autre ne travaille ici. Il n'existe ni deuxième atelier ni point de dépôt ailleurs dans la ville.

Nous n'avons jamais cherché à ouvrir une franchise ni à sous-traiter dans un pays où la main-d'œuvre coûte moins cher, pour une raison simple : nous ne pouvons pas contrôler la qualité d'un travail que nous ne voyons pas. Le bouche-à-oreille a suffi pendant vingt-huit ans, et c'est encore lui qui amène la majorité des nouveaux clients, souvent envoyés par un voisin ou par le teinturier de la rue Carnot.

Horaires, adresse, contact

L'atelier est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, et le samedi de 9h00 à 13h00. Il est fermé le dimanche, les jours fériés légaux, et deux semaines en août dont les dates sont affichées sur la porte dès le mois de juin.

L'adresse est le 118 impasse de Verdun, 64000 Pau. Le téléphone est le 05 48 00 56 43 et l'adresse électronique est [email protected]. Le site bigefifotasolutions.click donne les mêmes informations, sans formulaire à remplir ni promesse de réponse en moins d'une heure. Un passage à l'atelier avec la pièce sous le bras reste la meilleure façon d'obtenir un avis utile.

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