Le terminus du 5 reculé au parc des expositions : ce qui change dès lundi rue de Bordeaux

Samedi 19 septembre, la navette de la ligne 5 a déposé ses derniers voyageurs devant le 118 impasse de Verdun, à Pau, avant de filer vers l'ancien terminus de la gare. Dès lundi, le parcours bascule vers le nord, et cela bouscule les habitudes de ceux qui viennent en bus jusqu'à l'atelier.

Le mardi matin où le 5 a tourné à droite

Le mardi 15 septembre, peu après 10h40, le bus de la ligne 5 a tourné à droite à l'angle de la rue de Bordeaux et du boulevard Alsace-Lorraine, au lieu de poursuivre vers la gare.

Ce virage n'était pas une erreur de conduite : un essai à blanc du nouveau tracé, mené par le réseau de transport de l'agglomération avec deux véhicules et une poignée de contrôleurs, a duré trois jours pleins. La nouvelle grille entre en vigueur le lundi 21 septembre. Le 5 abandonne son ancien terminus de la gare de Pau pour rejoindre le parc des expositions, avec un arrêt intermédiaire au stade du Hameau, et en sens inverse il ne repasse plus par la place de Verdun avant 18h30, ce qui décale toute la correspondance du soir. Pour les personnes qui poussent la porte de l'atelier au 118 impasse de Verdun, l'arrêt le plus pratique reste celui de la rue de Bordeaux, à six minutes à pied. Mais il n'est plus desservi par le 5 entre 9h00 et 16h30. Il faut désormais emprunter le 9 ou marcher jusqu'à la place de Verdun, où passe le 8. Manon Vincent, qui tient l'accueil, a passé la semaine à réexpliquer ces itinéraires au téléphone.

Les retards sont réels, pas théoriques.

Sur la première semaine d'essai, les relevés internes du réseau font état de dix à douze minutes supplémentaires sur le tronçon de la rue de Bordeaux aux heures creuses, et jusqu'à dix-sept minutes à 17h15, quand les scolaires du lycée Saint-John Perse remontent vers le centre, un flux que les conducteurs connaissent bien et qui sature déjà les deux arrêts les plus proches du marché. Le budget transport n'échappe pas à la réorganisation. Un aller simple reste à 1,50 euro ; le carnet de dix tickets passe de 12,70 à 13,40 euros au 1er octobre, et l'abonnement mensuel tout public grimpe de 27,50 à 29,30 euros. Pour les salariés qui venaient chaque jour en bus, la hausse pèse surtout sur la ligne droite de douze mois.

Ce que cela change pour les clients du quartier

Nathalie Girard, qui suit les travaux d'ajustement et les commandes sur mesure, reçoit beaucoup de clients du secteur nord. Plusieurs d'entre eux arrivaient en bus avec un vêtement à retoucher, un blouson à déposer pour une fermeture Éclair cassée, une jupe à reprendre. Le rendez-vous se prenait à l'heure du bus, pas à l'heure de la couturière.

Depuis lundi, elle a modifié ses créneaux du matin : les dépôts se font entre 9h00 et 11h30, les essayages plutôt à partir de 14h00, et le lundi comme le vendredi restent les journées les plus chargées. Le samedi, l'atelier ferme à 13h00, comme avant.

Le changement touche aussi les artisans et les petites entreprises du voisinage, à commencer par une retoucheuse de la rue du Pasteur, Noria Belkacem, qui dit avoir perdu deux clientes du Hameau renonçant déjà à venir à pied. Une boulangerie de la rue de Bordeaux a décalé sa tournée de livraison d'un quart d'heure pour retrouver l'affluence du 9, qui passe désormais plus tôt. Il ne faut pas exagérer la portée du remaniement : le réseau annonce un passage toutes les dix-huit minutes en journée contre quinze auparavant sur l'ancien tracé, mais un cadencement mieux tenu aux heures de pointe, et il reste à voir si la correspondance avec le train de 18h20 tient sur la durée.

Laurent Garcia, qui gère les stocks et les fournitures, note une conséquence plus discrète : les rouleaux de fil et les fermetures commandées chez un fournisseur de Lescar arrivent par la navette du matin, et avec le nouveau tracé la livraison du mardi arrive parfois à 11h10 au lieu de 10h30, ce qui décale la coupe de la journée.

La correspondance avec le train devient plus serrée

La ligne 5 desservait la gare de Pau en huit minutes depuis la place de Verdun. Elle laisse ce rôle à la ligne 8, qui passe toutes les vingt-deux minutes et dont un arrêt se trouve à trois cents mètres de l'atelier, côté boulevard des Pyrénées.

Pour un client qui vient de Tarbes ou d'Oloron par le TER, le trajet jusqu'à l'impasse de Verdun demande maintenant deux correspondances au lieu d'une, et le calcul change complètement le soir, puisque le dernier 8 part de la gare à 20h05 alors que le guichet de l'atelier a fermé à 18h00 depuis toujours. Le problème concerne surtout le dépôt d'un vêtement en fin de journée, quand un client sort du travail à 18h45. La boîte de dépôt reste accessible sous l'auvent, à gauche de la porte, avec un formulaire à remplir et un numéro de téléphone à laisser.

Le réseau prévoit une ligne de rabattement depuis la gare vers le quartier nord à partir de novembre. Rien n'est confirmé avant la réunion publique du 14 octobre, à 18h30, à la maison de quartier du Hameau. Les usagers y poseront des questions, notamment sur les horaires du dimanche, toujours inexistants.

Le vélo et la marche reprennent du terrain

La piste cyclable du boulevard des Pyrénées a été prolongée de six cents mètres cet été, jusqu'à l'entrée du parc des expositions. Elle longe le stade du Hameau et rejoint le centre par la rue de Bordeaux, ce qui en fait une alternative sérieuse pour qui travaille tôt et rentre avant la nuit.

En semaine, un trajet à vélo depuis la gare prend un peu moins de vingt minutes, contre trente-cinq en bus avec la nouvelle correspondance. Les arceaux devant l'atelier sont au nombre de quatre, installés en 1997 et jamais remplacés. Ils suffisent rarement le samedi matin, quand plusieurs clients viennent en même temps. Une demande d'installation de deux arceaux supplémentaires a été déposée en mairie le 8 septembre, avec un accusé de réception daté du 11.

Marcelline Dupouy, qui habite à Bizanos et vient faire reprendre des ourlets une fois par trimestre, a testé le nouveau parcours la semaine dernière. Quarante minutes porte à porte. Elle continue pourtant : elle fait ses courses au marché du Hameau le même jour, ce qui rentabilise le déplacement.

La marche reste l'option la plus fiable pour les habitants du centre, à vingt-deux minutes depuis la place Clemenceau par la rue de Bordeaux puis le boulevard des Pyrénées. Beaucoup sous-estiment cette distance, surtout avec un manteau sur le bras.

Ce qui reste ouvert et comment s'organiser

L'atelier ne change ni ses horaires ni son adresse : du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00, et fermé le dimanche. Le numéro de téléphone, le 05 48 00 56 43, n'a pas bougé, pas plus que l'adresse électronique [email protected], où les demandes de devis pour un ajustement, une pièce sur mesure ou une réparation de fermeture Éclair continuent d'arriver.

Trois personnes font tourner la maison : Laurent Garcia pour les stocks, Nathalie Girard pour les travaux, Manon Vincent pour l'accueil. C'est l'effectif depuis des années, et il ne dépend pas des horaires de bus. La structure, Bigefifotasolutions SARL, travaille dans la couture depuis 1997.

Pour la matinée, Manon Vincent conseille l'arrêt de la ligne 9, rue de Bordeaux, plutôt que d'attendre le 5. Pour ceux qui viennent du sud, le 8 reste la meilleure option, et un appel avant 10h00 permet souvent de caler un passage dans la journée.

La ligne 5 desservait la gare de Pau en huit minutes depuis la place de Verdun.

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