La retoucherie de l'impasse de Verdun rouvre après quatorze semaines de travaux

Les machines ont redémarré le mardi 15 septembre à 9h05, au 118 impasse de Verdun. Après quatorze semaines de fermeture pour reprise du réseau électrique et remplacement de deux tables de coupe, Bigefifotasolutions SARL a retrouvé ses clients, ses délais et ses habitudes.

Une fermeture qui a duré tout l'été

Le rideau est resté baissé du 9 juin au 14 septembre. Il fallait mettre aux normes le tableau électrique, couler une dalle sous les deux postes de repassage et remplacer deux tables de coupe devenues instables, ce qui, additionné à un devis refait trois fois et à des livraisons de matériel décalées, a transformé un chantier annoncé pour cinq semaines en une interruption de près de trois mois et demi. Chacun, dans le quartier, a sa version de l'histoire.

« Nous avons continué à recevoir des sacs alors que rien ne fonctionnait », raconte Manon Vincent, à l'accueil. Pendant toute la fermeture, elle a tenu le téléphone, pris près de 640 appels et rendu une centaine de pièces par semaine à des clients pressés.

Ce que la réouverture change concrètement

Ce que la réouverture change concrètement

Le carnet s'est rempli vite. Laurent Garcia, responsable du stock, a passé les trois premiers jours à trier ce qui restait et à rappeler les clients un par un. Il y avait 87 vêtements en attente : 22 vestes en cuir, 14 pantalons à ourlet simple, le reste en pièces diverses, dont quelques manteaux d'hiver déposés en mai par des habitués de Jurançon et de Bizanos qui comptaient les récupérer avant l'été. « Personne n'a rien perdu », assure-t-il.

Un ourlet simple repart le jour même. Une fermeture éclair sur veste demande trois à quatre jours ouvrés, et la transformation complète d'un manteau, doublure comprise, tourne autour de deux semaines hors période chargée ; ces durées restent indicatives et dépendent de la charge réelle de l'atelier au moment du dépôt.

Des gestes lents, mal visibles depuis la rue

Nathalie Girard, responsable des travaux, a repris la direction technique il y a onze ans, après un passage dans une entreprise familiale de Billère qui fermait déjà. « Nous réparons des choses que les gens aiment », dit-elle. « Ce n'est pas la même chose que vendre du neuf. » Cette phrase résume assez bien la différence entre une retoucherie et un commerce de prêt-à-porter.

Une veste trop large aux épaules se reprend en démontant les coutures, en reprenant les empiècements et en recousant à la main les zones fragiles, tandis qu'une fermeture éclair sur une pièce ancienne oblige parfois à retrouver un modèle précis, ce qui peut immobiliser la pièce plusieurs jours sans qu'aucun client ne voie le travail accompli. Bigefifotasolutions SARL travaille depuis 1997, sans autre adresse que le 118 impasse de Verdun, avec trois personnes : Laurent Garcia au stock, Nathalie Girard aux travaux, Manon Vincent à l'accueil. Aucun autre atelier, aucune antenne.

La clientèle vient de Pau, mais aussi de Lons, d'Idron, de Bizanos. Le stationnement dans l'impasse reste compliqué ; beaucoup se garent avenue de Buros ou près du stade, et les lignes de bus qui passent par la place de la Libération restent la solution la plus simple pour ceux qui arrivent du centre.

Les semaines qui viennent

Octobre s'annonce chargé. Les demandes de retouches hivernales arrivent dès les premières fraîcheurs : pantalons à rallonger, manteaux à reprendre aux manches, doublures à remplacer. Nathalie Girard prévoit deux semaines pleines avant d'ouvrir de nouveaux créneaux de sur-mesure.

Laurent Garcia remet à jour le fichier des pièces en attente et vérifie les bons de dépôt de l'été. Un double étiquetage a été instauré, avec un numéro imprimé et une mention de couleur, pour éviter les confusions quand plusieurs sacs arrivent le même samedi matin. L'atelier répond au 05 48 00 56 43 et à [email protected] ; le site bigefifotasolutions.click donne les horaires et les coordonnées. Aucun service médical, financier, juridique ou de formation n'est proposé ici. Pour le quartier, l'essentiel est ailleurs : un artisan qui rouvre dans la même impasse, avec les mêmes personnes et le même numéro, cela ressemble à une continuité.

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Le rideau est resté baissé du 9 juin au 14 septembre. Il fallait mettre aux normes le tableau électrique, couler une dalle sous les deux postes de repassage et remplacer deux tables de coupe devenues…